L’atelier de bricolage

Chaque semaine, je me rends dans le service de Médecine A1 rencontrer tous les enfants hospitalisés qui le souhaitent. Ils sont âgés de quelques mois à 16 ans.
Avant de rentrer dans les chambres, je reçois une transmission du personnel soignant qui me donne un bref rapport sur l’état de santé des enfants présents et me présente les nouveaux cas.


Je leur propose de se faire plaisir ou de préparer une surprise à l’un de leur proche en réalisant un bricolage qui est terminé le jour même.

Pour un enfant hospitalisé, il est difficile d’avoir de petits secrets, un jardin secret. Mon but est, s’il le souhaite, de l’aider à créer et réaliser des cadeaux pour ses proches ou pour lui-même. L’aboutissement de ce travail est pour lui une grande fierté.
La complicité des parents est acquise lorsqu’ils arrivent dans la chambre au moment où nous sommes en train de bricoler. L’enfant s’amuse à les renvoyer pour un petit moment et nous jouons beaucoup sur le plaisir de l’enfant à redevenir acteur dans la relation avec ses parents. Très souvent les parents sont très émus de le redécouvrir actif et malicieux.
Lorsque le contact est établi, je peux également prendre le relais des parents auprès de l’enfant afin de leur permettre de quitter la chambre , tout en sachant leur enfant pris en charge et occupé à des activités ludiques.

En fonction de l’âge, des goûts de l’enfant et de la période de l’année , je lui propose des techniques différentes, de la peinture sur textile, sur porcelaine, sur plâtre, des réalisations de guirlandes lumineuses, de divers objets décorés avec la technique des serviettes, des lampions, des carillons, des réalisations en perles, colliers, bagues, pendentifs, bracelets etc.

Vous trouverez quelques exemples ci-dessous.


Lorsque les hospitalisations sont longues, je discute beaucoup avec l’enfant pour avoir des projets pour la semaine suivante. La perspective de l’hospitalisation pour un long traitement de chimiothérapie est une source d’angoisse et de colère pour l’enfant ou l’adolescent et, même si les souffrances et la douleur font partie du traitement, la perspective d’un moment où il pourra s’évader en bricolant est souvent décrite comme un réconfort.


En vue d’élargie ma palette d’activité, je suis régulièrement des cours de formation continue, je visite des expositions et je me tiens au courant des nouvelles techniques. L’état souvent déficient du système immunitaire des enfants et les contraintes d’hygiène du service m’interdisent de nombreux matériaux de bricolage et j’adapte les techniques au monde hospitalier.

La régularité de mes visites est importante dans la construction de la relation. Si un enfant ou un adolescent doit subir une greffe de moëlle osseuse, il est parfois transféré chez les adultes et je me rend dans le service des greffes. De même s’il est transféré dans un autre service de la Pédiatrie, je vais le voir régulièrement.
Il est indispensable que ces enfants puissent compter sur la régularité de mes visites
Cet avis est partagé par le personnel des différents services, toujours sensible à la visite des intervenants que l’enfant connaît afin que la transition soit la plus douce possible.

Indemnisée ces dernières années par l’Association Sabrina, j’ai repris une activité professionnelle en mars 2005. Ma disponibilité ayant changé, j’ai souhaité être à nouveau indépendante et sans rémunération afin de revenir à l’essentiel de mon engagement en Médecine A1, l’animation de l’atelier de bricolage.

Coût annuel de l’atelier : entre 3’000.- et 3’500.- comprenant le matériel de bricolage.